WS-23, menthol, arômes Ice : molécules sous surveillance
Une étude de l'American Heart Association pointe pour la première fois un lien entre les agents rafraîchissants des e-liquides et les arythmies cardiaques. On décrypte sans affolement.
Par La rédaction LMDV Edito · 2 juillet 2026 · ⏱ 8 min · Rédigé avec l’IA

WS-23, menthol, arômes Ice : et si le froid brûlait ton cœur ?
Une étude publiée en juin 2026 dans une revue de l'American Heart Association pointe pour la première fois un signal cardiaque préoccupant sur les agents rafraîchissants synthétiques de la vape. WS-23, WS-3, menthol dans vos e-liquides Ice : voici ce que la science dit réellement — ni plus, ni moins.
Le signal qui dérange : de quoi parle cette étude ?
Des ingrédients rafraîchissants synthétiques ajoutés aux e-cigarettes ont provoqué des battements cardiaques anormaux (arythmies) et augmenté des marqueurs de risque cardiovasculaire chez des souris et des cellules cardiaques humaines cultivées en laboratoire, selon une nouvelle recherche indépendante publiée dans Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology, revue à comité de lecture de l'American Heart Association.
Cette étude est la première à montrer que les agents rafraîchissants synthétiques dans les e-cigarettes pourraient avoir un effet négatif sur la santé cardiaque. Autrement dit : avant juin 2026, personne n'avait encore regardé spécifiquement ce que faisait le WS-23 ou le WS-3 sur le rythme cardiaque. Ce blanc scientifique est désormais partiellement comblé — et les résultats méritent qu'on s'y attarde honnêtement.
L'étude est signée par Cory Kucera, Alex Carll et leurs collègues de l'Université de Louisville (Kentucky). Les aérosols testés contenaient 2,5 % de nicotine benzoate, seule ou combinée avec du menthol, du WS-3 ou du WS-23, à des concentrations croissantes. Deux protocoles : exposition de souris mâles avec électrocardiogramme en continu, et exposition de cellules cardiaques humaines dérivées de cellules souches.
Ce que les données montrent vraiment
Le résultat le plus marquant : le WS-23 a triplé le nombre de battements prématurés par rapport aux cigarettes électroniques ne contenant pas cette substance.
Ces battements irréguliers se sont produits avec une augmentation de la fréquence cardiaque et une récupération électrique plus lente entre deux battements.
Le chercheur principal Alex Carll résume le mécanisme suspecté : « Ces résultats suggèrent que les agents rafraîchissants pourraient provoquer des arythmies en rendant le cœur électriquement prêt trop tôt ou trop tard pour le battement suivant. »
WS-23 en particulier a intensifié les effets cardiovasculaires de l'exposition à la cigarette électronique chez les souris, causant davantage de battements mal rythmés et des signes accrus de réponse « combat ou fuite » dans le rythme cardiaque, augmentant le risque de battements mal rythmés dangereux et d'arrêt cardiaque soudain.
Côté mécanisme biologique, les travaux suggèrent que ces molécules ne se contenteraient pas de refroidir la gorge : elles interagiraient avec des récepteurs spécifiques présents dans les tissus cardiaques, les récepteurs TRPM8, connus pour leur rôle dans la détection du froid.
Concernant les cellules cardiaques humaines en laboratoire, le tableau est plus nuancé : dans les cellules cardiaques humaines, les agents rafraîchissants n'ont pas modifié la fréquence cardiaque ni l'activité électrique du cœur. Un résultat qui tempère l'alerte — mais qui s'explique par les limites du modèle in vitro, qui ne reproduit pas les interactions complexes entre les systèmes respiratoire et cardiovasculaire.
Pourquoi le WS-23 est partout dans vos e-liquides Ice
Si vous n'avez jamais entendu parler du WS-23, vous en avez pourtant certainement vapé. Le chercheur principal Alex Carll l'explique clairement : « Parce que les agents rafraîchissants synthétiques créent une sensation de froid sans arôme caractéristique, ils échappent aux restrictions des e-cigarettes qui ciblent les "arômes caractéristiques". »
C'est là le paradoxe réglementaire. En Europe comme aux États-Unis, les régulateurs ont voulu interdire les arômes trop attractifs pour les jeunes (fraise, barbe à papa, etc.) — mais le WS-23, inodore, a glissé entre les mailles. Résultat : une explosion de sa présence dans le marché. Les ventes de e-cigarettes aromatisées au menthol ont augmenté de 175,8 % entre 2019 et 2023 ; les ventes d'e-cigarettes contenant des agents rafraîchissants synthétiques comme WS-3 ou WS-23 ont bondi de 872,1 % entre 2020 et 2023 aux États-Unis, selon un rapport 2024 de la CDC Foundation et de Truth Initiative.
Ces agents rafraîchissants sont ajoutés aux e-cigarettes à des concentrations très élevées, souvent supérieures à celles de la nicotine ou de tout autre arôme , précise Carll. Ce n'est pas un arôme parmi d'autres — c'est parfois le composant majoritaire du liquide.
Ce que ça ne dit PAS : garde la tête froide
Maintenant, la perspective honnête qu'on vous doit.
1. C'est une étude sur des souris et des cellules, pas sur des humains.
Les limites de l'étude incluent le fait que les souris peuvent répondre différemment aux agents rafraîchissants par rapport aux humains.
Ces résultats doivent être confirmés par des recherches sur des personnes.
2. Les produits testés ne reproduisent pas les e-liquides réels.
L'étude a testé des e-liquides contenant de la nicotine, des solvants et parfois des agents rafraîchissants. En revanche, les produits disponibles au public qui contiennent des agents rafraîchissants ont généralement beaucoup plus d'ingrédients, y compris des arômes et d'autres additifs. Les effets à court terme observés dans cette étude pourraient sous-estimer ou différer des produits plus complexes, et l'impact potentiel d'une exposition à long terme nécessite davantage de recherches.
3. On ne sait toujours pas si l'effet est durable.
Il n'est pas encore clair comment les agents rafraîchissants dans les vapes affectent les personnes présentant un risque plus élevé d'arythmie, notamment les femmes enceintes et les personnes souffrant d'hypertension, de maladies cardiaques, d'obésité ou de diabète de type 2. On ignore aussi si les effets à court terme des agents rafraîchissants entraînent des dommages à long terme.
4. La vape reste moins risquée que la cigarette — l'ANSES le confirme.
Les experts de l'ANSES soulignent que la gravité des effets associés au vapotage est inférieure à celle du tabac, pour lequel les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes sont fermement établis depuis longtemps.
L'efficacité du vapotage pour arrêter de fumer est aujourd'hui documentée scientifiquement. Une revue de la collaboration Cochrane a montré que vapoter pouvait être plus efficace que les traitements de substitution nicotinique classiques (patchs, gommes), notamment lorsque cela est associé à un accompagnement.
Cette étude ne remet pas en cause la vape comme outil de réduction des risques. Elle pointe une catégorie d'additifs spécifiques, et c'est exactement ce dont la science a besoin : de la granularité, pas des condamnations en bloc.
Ce que ça change concrètement pour vous
L'étude ne doit pas être lue comme une condamnation des vapes mentholées, mais comme un signal scientifique qui mérite un suivi rigoureux. Les vapoteurs souffrant de troubles cardiaques ou d'arythmies auraient intérêt à en discuter avec leur médecin. Pour les autres, la prudence s'impose dans l'attente de données cliniques plus solides.
Pour le secteur de la vape et les régulateurs, l'auteur de l'étude est clair : les concentrations d'agents rafraîchissants dans les vapes devraient être envisagées pour une réglementation, surtout si de nouvelles études confirment qu'ils augmentent les effets nocifs du vapotage sur le cœur.
C'est précisément là que se joue l'avenir réglementaire : pas une interdiction brutale des arômes (qui a prouvé son inefficacité en poussant vers le marché noir), mais un encadrement des concentrations maximales d'additifs dont les effets biologiques sont maintenant documentés. Le cadre de la révision du TPD3, actuellement en discussion au niveau européen, pourrait — et devrait — intégrer ce signal.
Ce que nous retenons chez LMDV
L'honnêteté intellectuelle, c'est de ne pas attendre que la science soit parfaite pour communiquer. Plusieurs études ont rapporté des risques pour la santé associés à l'utilisation des cigarettes électroniques, notamment respiratoires et cardiovasculaires. Cependant, il n'existe pas encore de consensus scientifique sur leurs effets sanitaires à long terme en raison d'un manque de recul et d'harmonisation méthodologique.
La vape est un outil de transition — pas un produit de bien-être infini. Même sans combustion, le vapotage expose l'organisme à des substances toxiques issues du e-liquide ou formées lors du chauffage. Notre ligne n'a jamais changé : si tu fumes, passe à la vape. Si tu vapes pour arrêter de fumer, c'est le bon chemin. Si tu vapes sans avoir jamais fumé, il n'y a aucune raison de commencer.
Et si tu vapes Ice tous les jours avec un cœur fragile : parle-en à ton cardiologue. C'est aussi simple que ça.
Article rédigé sur la base de l'étude Kucera C. et al., « Influence of Cooling Agents on the Arrhythmogenic and Autonomic Effects of Electronic Cigarettes in an in vivo Model », Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology, American Heart Association, 15 juin 2026 (DOI: 10.1161/CIRCEP.125.014253), et du Rapport ANSES sur les risques sanitaires du vapotage, février 2026.
Sources
- 01.American Heart Association – Communiqué officiel : agents rafraîchissants et arythmies (juin 2026). Voir →
- 02.EurekAlert – Résumé de l'étude Kucera et al., Circulation: Arrhythmia and Electrophysiology (juin 2026). Voir →
- 03.MedicalXpress – Cooling ingredients in e-cigarettes may cause irregular heartbeat (juin 2026). Voir →
- 04.Génération sans tabac – Étude agents rafraîchissants et arythmies (juillet 2026). Voir →
- 05.Cardio-online – La vape et le système cardiorespiratoire selon l'ANSES (février 2026). Voir →
Transparence
Cet article a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle. Les sources citées ci-dessus permettent d’en vérifier le contenu.
Questions fréquentes
Les arômes menthol ou Ice de ma vape vont-ils me donner une arythmie ?
Pas de panique : l'étude de juin 2026 a été réalisée sur des souris et des cellules cardiaques humaines cultivées en laboratoire, pas sur des êtres humains en conditions réelles. Les chercheurs eux-mêmes soulignent que les résultats doivent être confirmés par des études cliniques sur des personnes. Si vous n'avez aucun antécédent cardiaque connu, le risque immédiat reste à ce stade hypothétique. En revanche, si vous avez de l'hypertension, une cardiopathie ou des antécédents d'arythmie, parlez-en à votre médecin avant de continuer à vapoter des e-liquides Ice.
C'est quoi exactement le WS-23 et le WS-3 ? On les trouve dans quels e-liquides ?
WS-23 et WS-3 sont des composés synthétiques qui créent une sensation de froid intense sans avoir de goût propre. Ils sont massivement utilisés dans les e-liquides dits 'Ice', 'Fresh', 'Glacial', 'Arctic' ou encore dans certains fruits froids. Contrairement au menthol, ils sont inodores, ce qui leur permet d'échapper aux réglementations ciblant les 'arômes caractéristiques'. On les retrouve aussi dans l'industrie alimentaire et pharmaceutique (certains dentifrices, bonbons menthol). Dans la vape, leur concentration peut dépasser celle de la nicotine ou des autres arômes.
Est-ce que cette étude remet en cause la vape comme outil de sevrage tabagique ?
Non. L'étude ne porte que sur une catégorie spécifique d'additifs (les agents rafraîchissants synthétiques), pas sur la vape dans son ensemble. Le rapport ANSES de février 2026 et la revue Cochrane confirment que le vapotage reste nettement moins risqué que le tabac fumé et constitue un outil de sevrage efficace. L'enjeu ici est de mieux réguler certains additifs, pas d'interdire la vape. Un e-liquide sans coolant synthétique n'est pas concerné par ces résultats.
Les arômes Ice vont-ils être interdits en France ?
Pas à court terme. La réglementation française (et européenne via la TPD) encadre les 'arômes caractéristiques' — donc les arômes identifiables comme le fruit ou la menthe — mais les agents rafraîchissants synthétiques comme WS-23 entrent dans une zone grise réglementaire car ils sont inodores. L'auteur principal de l'étude, Alex Carll, demande lui-même une révision de la réglementation sur leur concentration maximale. La révision du TPD3 en cours au niveau européen pourrait être l'occasion d'intégrer ces substances dans le périmètre réglementé.
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