Nouvelle-Zélande : le pays qui a presque gagné contre la cigarette, puis a tout remis en question
Par La rédaction LMDV Edito · 28 février 2026 · ⏱ 6 min · Rédigé avec l’IA
Le pays qui avait presque gagné
Imagine un instant. Un pays développé, riche, qui se fixe un objectif fou en 2011 : faire passer son taux de fumeurs sous la barre des 5 % avant fin 2025. Pas dans un siècle. En quatorze ans. C'est ce qu'a osé la Nouvelle-Zélande avec son plan Smokefree 2025.
Et le plus dingue, c'est qu'ils étaient à deux doigts d'y arriver.
En 2011-2012, près de 16,4 % des adultes néo-zélandais fumaient quotidiennement. Dix ans plus tard, ce chiffre était tombé à 6,8 %. Une dégringolade que peu de pays peuvent revendiquer. Pour comparer : en France, on tourne encore autour de 25 % de fumeurs quotidiens. Le contraste fait mal.
Alors comment un petit archipel du Pacifique a-t-il réussi là où l'Europe patine ? La réponse tient en un mot que beaucoup de gouvernements refusent encore de prononcer sans grimacer : la vape.
Quand la cigarette électronique dépasse la cigarette
Voici le moment historique. En 2022, pour la première fois dans l'histoire du pays, le nombre de vapoteurs quotidiens a dépassé celui des fumeurs. 8,3 % de Néo-Zélandais vapotaient chaque jour, soit plus de 340 000 personnes, contre 8 % qui fumaient encore du tabac.
Lis bien ça. La cigarette électronique n'a pas créé une armée de nouveaux drogués à la nicotine. Elle a remplacé le tabac dans les poumons de centaines de milliers de gens. C'est exactement la définition de la réduction des risques.
L'organisation ASH New Zealand, référence locale sur le sujet, ne tourne pas autour du pot. Pour elle, la vape est "un outil vital qui aide les fumeurs actuels à arrêter leur habitude mortelle" et présente "seulement une fraction du risque sanitaire comparé au tabac".
Son directeur Ben Youdan résumait la dynamique sans détour : la chute massive du tabagisme "n'était pas un coup de chance". Les alternatives plus sûres comme la vape, les programmes de sevrage de terrain et l'investissement dans les communautés, tout ça fonctionnait ensemble.
La victoire la plus émouvante : les femmes maories
Derrière les pourcentages, il y a des vies. Et un chiffre m'a particulièrement marqué.
Chez les Maoris, communauté historiquement la plus touchée par le tabagisme, le taux de fumeuses quotidiennes est passé de 24,1 % à 18,2 %. Pour la première fois, le tabagisme féminin maori est descendu sous celui des hommes.
Quand on sait que ce sont précisément les populations défavorisées qui paient le plus lourd tribut à la cigarette, c'est exactement là que la vape a fait la différence la plus concrète. Pas chez les bobos urbains. Chez ceux qu'on abandonne d'habitude.
Et puis tout a déraillé
Tu sentais venir le piège, non ? Parce qu'une telle réussite, c'était trop beau.
En décembre 2022, la Nouvelle-Zélande adopte une loi qualifiée de mondiale et pionnière : la fameuse "génération sans tabac". L'idée était radicale et brillante : interdire à vie la vente de tabac à toute personne née après 2009. Plus une réduction drastique du nombre de buralistes et une dénicotinisation des cigarettes.
Un an plus tard, changement de gouvernement. La nouvelle coalition menée par le parti National arrive au pouvoir. Et le 27 février 2024, en procédure d'urgence parlementaire, elle abroge purement et simplement cette loi historique.
Balayée. La génération sans tabac, la dénicotinisation, la réduction des points de vente : tout ça parti en fumée. Malgré le soutien des universitaires, des médecins, des leaders des communautés indigènes et du grand public.
Le motif officiel ? Notamment récupérer les recettes fiscales du tabac pour financer des baisses d'impôts. Je te laisse méditer sur la cohérence.
Le paradoxe néo-zélandais
Voilà où ça devient vicieux. Le gouvernement n'a pas attaqué la vape frontalement. Il a fait pire : il a brouillé les pistes.
D'un côté, il a interdit les puffs jetables, abaissé les taux de nicotine autorisés et durci les sanctions contre la vente aux mineurs. Des mesures qui, sur le papier, ont du sens pour protéger les jeunes.
Mais en parallèle, il a abandonné l'arsenal qui s'attaquait vraiment au tabac fumé, celui qui tue. Résultat ? Le taux de fumeurs quotidiens, qui dégringolait depuis dix ans, s'est figé. Stable à environ 6,8 % pendant trois années consécutives.
La Nouvelle-Zélande n'atteindra pas son objectif des 5 % fin 2025. Le pays qui était en tête de la course mondiale a trébuché à quelques mètres de la ligne d'arrivée. Pas par manque de moyens. Par choix politique.
Ce que ça nous apprend, à nous
Qu'est-ce qu'on retient de cette histoire ?
D'abord, que ça marche. La réduction des risques par la vape n'est pas une théorie de fabricant. C'est une stratégie nationale qui a fait chuter un taux de tabagisme de moitié en une décennie. Les chiffres sont là, publics, vérifiables.
Ensuite, que la science peut être enterrée en une après-midi quand un gouvernement décide que les recettes fiscales du tabac pèsent plus lourd que la santé publique. La cohérence d'une politique de santé ne tient parfois qu'à une élection.
Et enfin, ça doit nous interpeller, nous en France et en Europe. Pendant qu'on hésite encore à reconnaître la vape comme outil de sevrage, pendant qu'on l'enferme dans les mêmes restrictions que le tabac qu'elle remplace, un pays a démontré ce qu'on pouvait accomplir en lui faisant confiance.
La Nouvelle-Zélande nous offre les deux leçons d'un coup : la preuve que ça fonctionne, et l'exemple de comment tout gâcher. À nous de choisir laquelle on retient.
Le débat sur la vape n'est jamais purement sanitaire. Il est toujours, aussi, politique. Et l'histoire néo-zélandaise est là pour nous le rappeler.
Sources
- 01.ASH New Zealand — La vape dépasse le tabac, NZ en voie Smokefree 2025 (2022). Voir →
- 02.ASH New Zealand — Taux de tabagisme maori en baisse, plateau national (2023). Voir →
- 03.Parlement NZ — Hansard, débat abrogation loi Smokefree 27 fév. 2024. Voir →
- 04.Legislation NZ — Smokefree Environments and Regulated Products Amendment Act 2024 No 6. Voir →
- 05.PubMed — New Zealand world-first smokefree legislation goes up in smoke (2024). Voir →
Transparence
Cet article a été rédigé avec l’aide de l’intelligence artificielle. Les sources citées ci-dessus permettent d’en vérifier le contenu.
Questions fréquentes
C'est quoi exactement le Smokefree 2025 ?
C'est l'objectif fixé par le gouvernement néo-zélandais en 2011 de ramener le taux de fumeurs quotidiens sous 5 % pour tous les groupes de population avant fin 2025. La Nouvelle-Zélande avait réussi à faire passer ce taux de 16,4 % à environ 6,8 % en une décennie. L'objectif final n'a pas été atteint, en grande partie à cause de l'abrogation de la loi phare en 2024.
Pourquoi la loi génération sans tabac a-t-elle été abrogée ?
La nouvelle coalition gouvernementale menée par le parti National, arrivée au pouvoir fin 2023, a invoqué plusieurs raisons : le manque à gagner fiscal lié à la baisse des recettes du tabac, la complexité administrative du dispositif et la priorité donnée aux baisses d'impôts. Le 27 février 2024, le Parlement a abrogé en procédure accélérée la réglementation sur la dénicotinisation, la réduction des points de vente et l'interdiction générationnelle.
Est-ce que la vape a vraiment aidé les Néo-Zélandais à arrêter de fumer ?
Les données le montrent clairement : en 2022, pour la première fois, le taux de vapoteurs quotidiens (8,3 %) a dépassé celui des fumeurs (8 %). Ce renversement de tendance coïncide avec une décennie de chute continue du tabagisme. Pour ASH New Zealand, la vape est un outil clé du sevrage, qui présente une fraction seulement du risque sanitaire du tabac.
Les jeunes néo-zélandais ne sont-ils pas devenus accros à la vape à la place du tabac ?
C'est la préoccupation légitime qui a motivé l'interdiction des puffs jetables et le durcissement des règles sur la vente aux mineurs. Les données jeunes montrent effectivement un pic du vapotage chez les 14-15 ans, ce qui a conduit à des mesures ciblées. Le débat est réel, mais il ne doit pas masquer l'essentiel : chez les adultes, la vape a remplacé la cigarette, pas ajouté une nouvelle dépendance de masse.
Qu'est-ce que l'expérience néo-zélandaise enseigne à la France ?
Que la réduction des risques par la vape n'est pas une théorie — c'est une stratégie qui a fait ses preuves à l'échelle d'un pays entier. La France, avec encore 25 % de fumeurs quotidiens, a tout à apprendre de cette décennie de résultats. L'exemple néo-zélandais montre aussi qu'une politique de santé publique efficace peut être détruite en une après-midi par un changement de majorité, ce qui oblige à la construire sur des bases solides et transpartisanes.
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